SD4EU : le dialogue social européen au service de l’égalité femmes-hommes
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Le 26 mars 2026, la conférence finale du projet européen SD4EU – Social Dialogue for a Union of Equality s’est tenue à Bruxelles, au sein du Comité économique et social européen (CESE). Cet événement a marqué l’aboutissement de plusieurs années de coopération entre partenaires sociaux, organisations professionnelles et institutions européennes autour d’un objectif commun : intégrer pleinement l’égalité de genre dans le dialogue social européen.
Un projet européen pour transformer durablement le dialogue social
Coordonné par Confprofessioni et cofinancé par l’Union européenne, le projet SD4EU a réuni des organisations issues de plusieurs États membres, parmi lesquelles le CEPLIS, Eurocadres, UNAPL, EQUAL Ireland, la Malta Federation of Professional Associations ou encore UNPLIB.
L’ambition du projet était claire : faire du dialogue social un véritable levier de réduction des inégalités entre les femmes et les hommes, notamment dans les domaines :
des écarts de rémunération,
de la protection sociale,
de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée,
et de l’inclusion des travailleurs indépendants et des professions libérales.
Les travaux menés dans le cadre du projet ont notamment abouti à la publication de lignes directrices européennes pour intégrer systématiquement une approche de genre dans les mécanismes de dialogue social.
Des inégalités structurelles encore profondément ancrées
Les conclusions du projet mettent en évidence le caractère structurel des inégalités de genre sur le marché du travail européen. Les analyses menées dans le cadre du programme montrent que ces inégalités résultent de plusieurs facteurs cumulés :
la ségrégation professionnelle horizontale et verticale,
les interruptions de carrière liées aux responsabilités familiales,
le poids disproportionné du travail de soin non rémunéré,
ainsi que la fragilité des parcours professionnels non linéaires.
Le projet souligne également que les seules dispositions législatives ne suffisent pas à corriger ces déséquilibres. Une implication active des partenaires sociaux est indispensable pour transformer durablement les pratiques de négociation collective et les politiques de l’emploi.
Trois priorités au cœur des recommandations
Réduire les écarts de rémunération
Les lignes directrices du projet SD4EU recommandent d’intégrer davantage de mécanismes de transparence salariale dans les conventions collectives, conformément à la directive européenne sur la transparence des rémunérations adoptée en 2023.
Parmi les pistes mises en avant :
la mise en place d’audits salariaux,
l’introduction de mécanismes correctifs en cas d’écarts injustifiés,
la valorisation des métiers à forte représentation féminine,
ou encore la reconnaissance des périodes de soins et de parentalité dans les parcours professionnels.
Adapter les systèmes de protection sociale
Le projet insiste également sur les vulnérabilités spécifiques auxquelles sont confrontées les femmes dans les systèmes de protection sociale : carrières fragmentées, temps partiel, travail indépendant ou atypique.
Les recommandations appellent ainsi à :
mieux prendre en compte les interruptions de carrière liées au care,
développer des dispositifs complémentaires négociés,
et renforcer les analyses genrées des régimes de protection sociale.
Repenser l’équilibre vie professionnelle – vie privée
Le projet SD4EU souligne enfin que les politiques de conciliation restent un enjeu majeur d’égalité. Malgré les avancées réglementaires européennes, les femmes continuent d’assumer l’essentiel des responsabilités familiales et domestiques.
Les partenaires du projet recommandent notamment :
un congé parental mieux rémunéré et partagé entre les deux parents,
des dispositifs de télétravail encadrés,
le droit à la déconnexion,
ainsi que le développement de services de garde accessibles et de qualité.
UNPLIB : porter la voix des professions libérales
Tout au long du projet, UNPLIB a joué un rôle actif pour faire reconnaître les spécificités des professions libérales dans les discussions européennes sur l’égalité et le dialogue social.
Lors de la conférence finale, UNPLIB a notamment mis en lumière le caractère parfois invisible des inégalités de genre dans les professions libérales en Belgique. Derrière des écarts salariaux apparemment limités subsistent en réalité des déséquilibres structurels liés :
aux carrières non linéaires,
au travail indépendant,
et aux difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie privée.
L'UNPLIB a également insisté sur la nécessité de mieux produire et exploiter des données sur les inégalités touchant les travailleurs indépendants afin d’améliorer leur visibilité dans les politiques publiques européennes.
Une dynamique appelée à se poursuivre
Au-delà de sa conférence de clôture, le projet SD4EU apparaît comme une étape importante dans la construction d’un dialogue social plus inclusif et plus représentatif des nouvelles réalités du travail en Europe.
Les partenaires ont rappelé l’importance :
de renforcer les mécanismes de dialogue social à tous les niveaux,
de poursuivre les efforts en faveur de l’égalité femmes-hommes,
et d’adapter les politiques européennes aux mutations rapides du monde du travail.
En inscrivant la question du genre au cœur des négociations collectives et des politiques sociales, SD4EU ouvre ainsi la voie à une approche plus durable, plus équitable et plus inclusive du travail en Europe.





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