La situation des professions libérales lors de la sortie de crise du Covid-19

Le plus grand problème des professions libérales dans cette crise du Covid-19, c’est le fait de n’avoir pas été « forcés » d’arrêter totalement nos activités. 
Concrètement, sur le terrain, oui, nous avons souvent tout cessé pendant 7 ou 8 semaines, et il n’y a que certains soins de santé dits « urgents et nécessaires » qui se sont effectivement poursuivis. 
Notre risque de contamination, de même que celui de nos patients/clients était bien trop réel.
En fin de compte, la plupart des titulaires de professions libérales sortent de la crise très affaiblis, et très peu soutenus.
Beaucoup de membres des Organisations qui adhèrent à l’Unplib n’avaient aucun problème financier avant le confinement, et se trouvent aujourd’hui dans une situation plus que précaire.
Je pense à ces jeunes qui ne recevront sans doute pas le droit passerelle au niveau fédéral, parce qu’ils sont indépendants complémentaires avec des revenus trop faibles.
Ils représentent le vivier de nos professions libérales. Leurs loyers et leurs investissements empruntés ne vont pas les attendre.
Certains risquent fortement de plonger vers la faillite.
A noter aussi que, sans accès complet au droit passerelle, pas de prime régionale non plus.
L’obtention d’un droit passerelle complet en mars ET en avril est d’ailleurs exigé pour chaque demandeur de prime régionale.
Au départ, on nous parlait de mars OU avril.
Dès lors, que pensez-vous de nos titulaires de profession libérale qui, par civisme, n’ont pas demandé le droit passerelle au mois de mars, en espérant soulager l’état fédéral, mais qui ont du se résoudre à le demander en avril, en fonction de la crise qui se prolongeait, en même temps que leurs économies s’épuisaient.
Nous avons constaté avec plaisir que nos professions libérales étaient considérées comme cruciales.
J’ose espérer que cette reconnaissance sera prise en compte à l’avenir.
La sortie de crise va durer. 
Dans le secteur des soins de santé, les patients ne reviendront pas tous rapidement chez leurs thérapeutes. Ce qui n’est pas urgent ou vital risque d’attendre, sans parler des difficultés financières de nos concitoyens.
Au niveau de nos professions techniques, les carnets de commandes ont drastiquement baissé.
Nous demandons donc avec insistance que le droit passerelle soit prolongé au-delà du mois de juin.
Nos manques à gagner seront encore bien réels dans les prochains mois et un revenu de remplacement sera encore bien nécessaire.
Dans le même temps, il est capital que nos professions libérales soient enfin mieux considérées et respectées !
Les aides doivent venir rapidement, et sans difficultés administratives.
Notons enfin le manque de considération des administrations qui nous disent d’attendre le 1er septembre, de manière à faire des consultations préalables, dans la mesure où ce ne serait pas urgent. 
Ils oublient que, pour les indépendants, il faut d’urgence des revenus pour survivre et nourrir leur famille. Ce ne sont pas « fonctionnaires ».
En conclusion, nous devons éviter qu’un professionnel libéral en bonne santé financière avant la crise ne chute et ne sombre dans le néant à cause de celle-ci.
La crise du Covid-19 a bien éveillé mon attention sur l’isolement et le manque de prise en considération de nos professions libérales.
Nous effectuons des professions cruciales et même vitales pour certains, il est grand temps d’enfin reconnaître notre travail et nos actions sur le terrain.

Bernard Jacquemin
Président Unplib